Le vocabulaire est encore mouvant. Toutefois les bons auteurs (Ezio Manzini, Alain Findeli) distinguent au sein du design social au sens large, qui participe  à « l’amélioration de l’habilité du monde », 2 notions : le « design d’innovation sociale » et le « design social au sens strict ».

Le design d’innovation sociale concerne l’intérêt général, le bien commun, l’utilité publique. Concrètement il traite des services publics, de l’organisation de l’éducation, de la santé, des transports, de l’urbanisme, de l’environnement, de l’information et de la démocratie. Il concerne ainsi les politiques publiques et tous  les citoyens. (voir par exemple les activités de la 27ème Région).

Le design social au sens strict se focalise sur les populations particulièrement pauvres et précaires, qui du fait de leur pauvreté n’ont souvent pas le moyen de faire appel au marché pour satisfaire leurs besoins. C’est ce design que, pour lever toute ambiguïté, nous appelons « design solidaire ».

On voit que ces notions se recoupent et que, plus précisément, le design solidaire s’adressant à une partie seulement de la population (les plus précaires), est une sous-partie du design d’innovation sociale.

LE DESIGN SOLIDAIRE est donc cette partie du design qui se consacre précisément à l’appui aux populations défavorisées.

Pour nous cela concerne les personnes en grande précarité :

  • en France et dans les pays avancés (SDF, migrants, minorités marginalisées comme les Roms …)
  • ainsi que dans les pays en développement , dont une bonne partie de la population ne dispose que d’un très faible niveau de vie.

En pratique le design solidaire agit dans tous les cas pour améliorer les revenus et les conditions de vie de ces populations et peut toucher à tous les domaines (éducation, santé, sécurité, habitat, transports …). Dans les pays pauvres il peut en particulier prendre la forme d’un appui aux collectivités artisanales afin d’améliorer leurs productions et leurs revenus.

Etant donné la pauvreté des populations concernées, le design solidaire ne peut la plupart du temps s’exercer dans les conditions commerciales habituelles. Il doit le plus souvent faire appel , selon les cas, à des formes de bénévolat, de semi-bénévolat ou de rétributions « militantes » inférieures aux tarifs du marché. (voir rubrique «Comment vous impliquer ?»)